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Achat Immobilier en Crypto en 2026 : Comment justifier l'origine de vos fonds

Paul Stelizuk
Paul Stelizuk
30/01/2026
(23/01/2026)
Vous avez constitué un patrimoine en cryptomonnaies et vous souhaitez concrétiser un projet immobilier ? Vous n'êtes pas seul. En France, plus de 6 millions de personnes détiennent des crypto-actifs, et une part croissante cherche à convertir ces gains numériques en actifs tangibles. L'achat immobilier en crypto est devenu une réalité, mais il se heurte encore à un obstacle majeur : la conformité.
La première question que vous posera tout notaire, agent immobilier ou banquier sera directe : « D'où viennent exactement ces fonds ? » Cette exigence n'est pas un caprice. C'est une obligation légale strictement encadrée par la réglementation européenne anti-blanchiment (LCB-FT) et le règlement MiCA. Contrairement à un virement bancaire classique dont l'origine est traçable depuis un compte vérifié, une transaction crypto peut paraître opaque aux yeux des professionnels traditionnels.
Le problème ? Chaque année, des dizaines de projets immobiliers financés en crypto échouent à la dernière minute. Non pas parce que les fonds sont illégaux, mais simplement parce que leur origine n'a pas été correctement documentée. Le résultat : perte du dépôt de garantie, blocage de la transaction, voire signalement à TRACFIN.
La bonne nouvelle ? Justifier l'origine de vos fonds crypto est parfaitement réalisable quand on connaît les règles et qu'on prépare son dossier méthodiquement. C'est normal. C'est obligatoire. C'est demandé à tout le monde, même avec des fonds en euros. Et surtout, c'est le seul moyen de transformer votre patrimoine numérique en bien immobilier sereinement.
Cet article vous explique les règles légales de la conformité crypto et comment les respecter facilement, étape par étape.

Pourquoi l'origine des fonds est un sujet ?

Les autorités financières françaises et européennes encadrent strictement les flux d'argent pour combattre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT). 
Mais contrairement à un virement bancaire classique, une transaction crypto paraît très opaque à un notaire ou à un banquier. D'où leurs questions légitimes :
  • D'où proviennent exactement ces cryptos  ?
  • Depuis combien de temps les détenez-vous ?
  • Comment ont-elles été acquises ?
  • Avec quels fonds ont-elles été acquises ?
Un professionnel qui accepterait vos fonds sans vérification s'expose à des sanctions. Une opération mal préparée, mal documentée peut être bloquée ou annulée à la dernière minute, ce qui est coûteux et frustrant.

Conformité crypto : Les obligations légales pour votre achat immobilier

Connaissance du Client (KYC) : Une vigilance partagée

Contrairement à une idée reçue, l'obligation de vigilance ne concerne pas uniquement le notaire. En tant que professionnels assujettis au Code Monétaire et Financier (Art. L.561-2)les agents immobiliers ont l'obligation légale de lutter contre le blanchiment. Ils sont eux-mêmes contrôlés par la DGCCRF et doivent signaler tout doute à TRACFIN.
Avant toute transaction, l’ensemble des professionnels impliqués (notaire, agent, prestataire crypto) sont donc tenus d’effectuer une procédure KYC approfondie. Celle-ci ne se limite pas à la vérification d’identité : elle inclut l’analyse de votre activité, de votre situation professionnelle et patrimoniale, ainsi que la cohérence globale de l’opération. Cette étape est obligatoire et conditionne la poursuite du processus. Sans KYC conforme, la transaction est bloquée.

Traçabilité et documentation des fonds crypto

Conformément aux règlements européens MiCa 2023/1113 et 2023/1114, l’origine et le parcours des fonds doivent être démontrés de manière claire et continue. Il est nécessaire de pouvoir justifier précisément :
  • L'achat initial : la justification de la source des fonds euros investis au départ (épargne, donation, vente de bien...).
  • La constitution et la croissance du capital (trading, minage, simple détention long terme...).
  • Le portefeuille final : l'identification précise du portefeuille qui détient les fonds destinés à la transaction et qui fera l'objet du transfert.
Cette clarté documentaire est indispensable. Elle permet de tracer un lien direct entre votre épargne initiale et les fonds qui arriveront chez le notaire, levant ainsi tout soupçon de blanchiment.

Les risques de négliger la conformité

Négliger l'origine des fonds peut transformer votre projet d'investissement en cauchemar administratif, fiscal voire judiciaire. Voici les conséquences concrètes :
  • L'échec de la transaction et la perte des fonds engagés : Le notaire peut refuser de signer l'acte le jour J entraînant potentiellement la perte des 10% de votre dépôt de garantie si le blocage vous est imputable.
  • La requalification et la sanction fiscale : En l’absence de justificatifs suffisants, l’administration fiscale peut écarter l’application du régime de la flat tax sur les plus-values en crypto-actifs et requalifier les sommes en revenus d’origine indéterminée, entraînant une imposition pouvant atteindre 60 %.
  • L'exclusion bancaire : Suite aux signalements, votre banque peut décider de clôturer unilatéralement vos comptes personnels.

Typologies d'origines de fonds acceptées

La bonne nouvelle : toutes les origines légales sont acceptables. Les professionnels ne refuseront pas vos fonds parce qu'ils proviennent de trading ou d'un héritage. Ils les refuseront si vous ne pouvez pas justifier clairement leur origine. 
Parmi les principales sources validées, à condition d'être documentées, on trouve :
  • Épargne personnelle (Fiat vers Crypto) : Fonds issus de vos salaires ou économies, justifiés par des relevés bancaires.
  • Revenus professionnels : rémunération de freelance, salaire ou prestations perçus en actifs numériques.
  • Gains d'investissement (Trading / DeFi) : Plus-values réalisées sur les marchés, justifiées par l'historique des transactions.
  • Minage et Staking : Récompenses de validation de réseau, prouvées par l'activité sur la blockchain.
  • Héritages ou donations :  Fonds reçus et documentés.
  • Prêts formalisés : Fonds reçus dans le cadre d’un contrat de prêt dûment signé.
  • Cession de biens ou d’actifs contre crypto-actifs : vente de biens mobiliers, immobiliers, de parts de société ou de tout autre actif, réglée en crypto-actifs, justifiée par un acte de cession, une facture ou un contrat, ainsi que par la traçabilité du paiement sur la blockchain.
La documentation est essentielle, quelle que soit l'origine. Un euro sans trace, c'est un euro suspect.

Comment justifier l'origine de vos fonds crypto pour un achat immobilier

Les bonnes pratiques

Avant de contacter un notaire, vous devez structurer votre dossier pour gagner en crédibilité et accélérer le processus. Voici les étapes essentielles concernant les fonds crypto dédiées à votre transaction :
Historique d’acquisition
La première étape consiste à reconstituer l’historique complet de vos cryptomonnaies. Il s’agit d’identifier comment les fonds ont été obtenus initialement et d’en apporter les preuves : relevés bancaires et ordres d’achat pour les acquisitions en euros, contrats, factures ou bulletins de salaire lorsqu’il s’agit de revenus, ou tout autre justificatif adapté au mode d’obtention. Cette phase répond à la question de l’origine économique des fonds.
Stockage et détention des cryptomonnaies
Il est ensuite nécessaire de décrire où les cryptomonnaies ont été conservées depuis leur acquisition. Cela inclut les plateformes utilisées (Kraken, Binance, Coinbase, etc.), les portefeuilles personnels, ainsi que la distinction entre hot wallets et cold wallets. L’objectif est d’identifier les lieux de détention successifs et de démontrer que vous avez conservé la maîtrise effective de vos actifs.
Chronologie et traçabilité des flux
Enfin, au-delà de l’origine et du stockage, la logique des mouvements dans le temps est déterminante. Il s’agit de retracer de manière continue les transferts entre comptes, plateformes et portefeuilles, en veillant à la cohérence des dates et des montants. Un tableau chronologique clair (par exemple sous Excel) récapitulant dates, montants, sources d’acquisition et transferts successifs permet de visualiser la circulation des fonds. Cette traçabilité renforce la lisibilité du dossier, facilite les contrôles et démontre un haut niveau de transparence et de conformité.

Pièges à éviter absolument

Négliger la documentation initiale : plus vous remonterez loin dans l'historique, plus difficile ce sera. Conservez vos preuves depuis le départ.
Découvrir le problème une semaine avant la signature : les surprises de conformité à la dernière minute sont catastrophiques. Vérifiez tout à l'avance.
Supposer que le notaire comprendra la crypto : beaucoup de professionnels découvrent la crypto. Votre confiance passe par des documents clairs, une traçabilité irréfutable, et une transparence totale.
Ignorer la fiscalité liée à la transaction : l'origine des fonds, c'est une étape. Mais les plus-values générées par votre opération doivent être déclarées. Les deux sont indissociables.

Bloquer pour Prouver : La clé de la conformité

L'origine des fonds et la conformité ne doivent pas être des obstacles mais des formalités maîtrisées. 
Cependant, dire "j'ai 10 BTC quelque part" n'est pas suffisant. Un notaire ou tout autre professionnel ne peut pas accepter une opération immobilière basée sur une promesse. Il exige des certitudes. 
Décalage entre le cadre légal et la réalité opérationnelle
Sur le plan réglementaire, l’exigence porte avant tout sur la traçabilité des fonds et la conformité (KYC, LCB-FT). Les textes n’imposent pas formellement un blocage préalable des actifs.
Toutefois, une difficulté opérationnelle majeure demeure : en l’absence d’isolement des fonds, comment garantir que les crypto-actifs contrôlés aujourd’hui seront bien ceux effectivement mobilisés au moment de la transaction ?
Le séquestre transforme la promesse en garantie
C’est à ce stade que l’immobilisation des fonds devient décisive. Elle permet de combler l’écart entre l’exigence juridique et la réalité opérationnelle. Bien que non obligatoire stricto sensu, le séquestre est fortement recommandé pour sécuriser l’opération : 
  • Immobiliser les cryptomonnaies dédiées auprès d’un tiers de confiance (PSAN enregistré auprès de l’AMF).
  • Attester de l’existence des fonds et de leur affectation exclusive à l’opération.
  • Contrôler la conformité de ces fonds (KYC, LCB-FT) et non sur des fonds génériques ou hypothétiques.
  • Convertir et Transférer in fine les actifs préalablement validés.
Cette approche ne se limite pas au respect formel de la règle : elle en garantit l’effectivité. Le notaire ne s’appuie plus sur une intention déclarative, mais sur un périmètre sécurisé, audité et verrouillé.
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